12 octobre 2015

Histoires de migrants, médias et politiques…

« Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner, si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance. » ~ Stéphane HESSEL

Bonjour !

Si vous ne vivez pas dans une grotte, vous avez sans doute entendu parler de la fameuse « crise des migrants ».
Nous allons nous intéresser aujourd’hui à ce phénomène, à travers ce que l’on en dit.

Préambule

Avant toute chose, rappelons quelques termes et faits.

Migrant (adj et nom) : qui effectue une migration (vous sentez revenir la frustration de l’enfance au jeu de « cherche 4 mots pour trouver le premier ? » :D)

Migration (nom féminin) : 1 – déplacement volontaire d’individus ou de populations d’un pays dans un autre ou d’une région dans une autre, pour des raisons économiques, politiques ou culturelles.
2 – déplacement massif de populations (ex : les migrations des vacanciers du mois d’août).
3 – voyage annuel d’une population animale depuis son aire de reproduction jusqu’à une aire d’hivernage parfois très éloignée et voyage de retour, généralement par le même chemin (ex : les oiseaux migrateurs, qui ne sont pas des oiseaux se grattant uniquement d’un côté).

Réfugié (nom) : personne ayant quitté son pays d’origine pour des raisons politiques, religieuses ou raciales, et ne bénéficiant pas, dans le pays où elle réside, du même statut que les populations autochtones, dont elle n’a pas acquis la nationalité.

Voilà pour les termes, passons aux faits.

Le phénomène de migration est aussi ancien que l’Humanité.
A l’origine la population était établie sur la Pangée (continent unique) mais lorsque les continents ont commencé à se former, il y a eu de nombreuses migrations et le phénomène n’a jamais cessé :

  • – 1 000 000 : migration depuis la population originelle (africaine ! précisions pour ceux à qui ça échappe au quotidien) vers l’Eurasie.
  • – 150 000 : l’Afrique est entièrement peuplée (population originelle).
  • – 80 000 : l’homme quitte le continent africain pour finir de se répandre en Eurasie puis en Australie (- 40 000 avant JC).
  • – 30 000 : la Tanzanie accueille des migrants venus essentiellement d’Australie (la progression terrestre est encore possible à l’époque).
  • En Amérique, si on est pas sûrs de qui est arrivé en premier, on sait que les populations ont profité d’une période glaciaire pour le faire : on y retrouve une majorité d’européens mais aussi d’asiatique ayant franchi le détroit de Béring.
  • – 3 000 : les habitants de la Chine traverse le détroit pour s’installer à Taïwan.
  • – 2 000 : on migre de Taïwan aux Philippines puis vers Célèbes et Timor
  • – 1 500 : les migrants philippin rejoignent la Nouvelle-Guinée

Du IXe au XIIIe siècle, les africains noteront la présence de marchands et marins d’Asie du sud-est; les austronésiens auraient donc été les principaux navigateurs de l’histoire de l’Humanité.

Maintenant que nous sommes clairs sur ce point, passons aux choses sérieuses.

Une crise de migrants inexistante

La crise des migrants est inexistante et la raison est très simple : il n’y a ici (dans ce qui intéresse les médias et les politiques) aucun migrant.

Vous ne me croyez pas ?
Relisez les définitions.

Les migrants sont des populations quittant volontairement leur pays, comme à chaque fois que vous partez en vacances, que votre patron va aux Bahamas et que vous rêvez (à tort) de mettre les pieds à l’Île Maurice.

Dans le cas présent, on parle de réfugiés, id est, une population qui a le choix entre partir ou mourir.
Et cela fait une sacré différence !

Par ailleurs, comment parler de crise ?
Les réfugiés ne peuvent causer aucun tort économique, ils n’ont aucun droit (n’en déplaisent à tous les extrémistes qui nous expliquent à longueur de temps qu’ils vont ruiner notre économie à coup de vols de prestations sociales) et au pire des cas, ils achètent nos produits, donc produisent de la richesse.

Parler de crise serait aussi d’autant plus ironique que nous sommes en Europe… berceau de la migration et continent le plus migrateur pendant les congés que nous envient souvent les populations que nous « envahissons » chaque année.

Pour la suite de cet article, nous allons donc remplacer la mensongère « crise de migrants » par le réaliste « mouvement de réfugiés ».

Un mouvement de réfugiés que nous nous devons d’accueillir

« Oui, nous devons les accueillir », « non, il n’y a que des voleurs et des terroristes, c’est pour ça qu’il n’y a que des hommes » : le ballet médiatique des politiques a été fabuleux ces derniers temps.

Et si on arrêtait de s’appuyer sur de faux motifs et qu’on jetait un œil objectif à la question ?

Le mouvement de réfugiés (qui comptent plus d’hommes que de femmes parce que chez eux la galanterie est encore assez présente pour que les hommes prennent le risque des traversées pour faire venir leur famille une fois qu’ils savent que c’est sécurisé) est issu de pays en guerre.
Or, ces pays sont soit en guerre à cause de nous (85% des cas), soit en guerre contre nous (indirectement, parce que nous sommes les gentils qui bombardons les méchants terroristes que nous nommons si bien sans les voir).
Dans tous les cas, nous avons la responsabilité des tueries sur les populations, alors oui, peu importe que nous le souhaitions ou non, nous avons un devoir d’accueil, car ces réfugiés sont la conséquence de nos politiques.

Et nous en avons d’autant plus la responsabilité que dans le cas contraire, nous ferions montre d’un manque d’humanité évident.

Alors pourquoi le ballet politique incessant ?
Parce que nous sommes en période de campagne (comme 60% du temps en France) et qu’il faut bien gratter des voix.
Clairement, si aucune élection n’était en jeu, si les extrémistes étaient au pouvoir… rien ne changerait.
Et rien ne changerait tout simplement parce que sans élection, on n’aurait aucune raison de ne pas les laisser entrer et qu’avec des extrémistes au pouvoir, refuser le droit d’entrée amènerait soit un soulèvement du peuple, soit des conflits armés nous engageant directement… donc un soulèvement du peuple qui n’a pas envie d’aller se battre pour le plaisir.

Et la danse s’étend aux phases tribales

Et c’est bien ce qui me fait le plus rager / pleurer au cours de ce genre d’événements, c’est vraiment une catastrophe de voir autant de déshumanisation.

Avez-vous remarqué le comportement des gens lorsque vous abordez ce sujet ?
Avez-vous remarqué qu’il n’y a que 3 comportements qui se dégagent ?
Les phases 1, 3 et 5.

Commençons par le positif.

Phase 5, « nous sommes un » : c’est le cas, très rare, de certaines populations qui n’ont pas attendu le faux-débats pour ouvrir leurs frontières et faire entrer des réfugiés sans même que la population se permettent de juger l’idée.
On est dans le positif absolu : les gens souffrent, donc nous allons les accueillir et les aider au mieux, point barre.

Phase 3, « je suis génial (et pas vous) » : c’est la phase grâce à laquelle on a (re)découvert des personnalités en France, celles qui sont tellement plus géniales que nous qu’elles ont besoin de crier dans la presse qu’elles (au moins) accueillent des réfugiés… et l’individu lambda qui le fait depuis le départ, il est moins génial que vous, donc ?

Phase 1, « la vie est nulle ».
Normalement, vous devriez vous dire « noooon, la phase 1 c’est 2% de la population, ça va, on n’est pas des terroristes, doit pas y avoir grand monde… ».
30% de la population a été conquise par les discours des extrémistes.
Vous ne voyez pas le rapport ?
C’est très simple : « les migrants (oui parce que les extrémistes pensent qu’ils ont choisi leur sort) viennent tout nous voler, qu’ils restent dans leur pays quittent à mourir, ça n’est pas notre problème, on a déjà nos SDF (dont on se foutait royalement hier, soit dit en passant) » = « peu importe la valeur de la vie de ces gens » = « leur vie n’a aucune valeur » = « la vie est nulle ».

Donc oui, aussi effrayant que ce soit, chaque personne qui embrasse les discours du type « nous ne devons aucune aide à ces gens, peu importe leur misère », adopte le même niveau de déshumanisation que les personnes suicidaires, les terroristes, etc.

A qui la faute si on se déshumanise autant ?

Sans surprise aux médias et aux politiques.
Nous nous sommes habitués à entendre toujours les mêmes discours, à voir toujours les mêmes images, à côtoyer toujours les mêmes douleurs, de fait, on la banalise (marrant quand on sait que ceux qui banalisent le plus sont ceux qui ont le plus traité de la banalisation de la violence dans les jeux).

Mais attention à ne pas oublier le responsable qui tire leurs ficelles : nous.
Chacun d’entre nous cautionne ce comportement en achetant des journaux non indépendants, en écoutant des journaux télévisés tenus par des pseudos-journalistes qui ne sont là que pour accroître ce phénomène de déshumanisation; au final, nous finançons notre propre mort (parce que je le rappelle, la déshumanisation d’une personne en phase 1 conduit à sa mort).

Alors pour un monde un peu meilleur demain, chaque fois que vous entendrez à nouveau parler de la soi-disant « crise des migrants », répétez vous que rien ne vous oblige à écouter autant de démagogie, à accepter que la redevance que vous payez finance un ramassis de mensonge et qu’au final, vous au moins, vous avez un toit sur la tête qui ne vous est pas fourni par autrui parce que votre famille risque sa peau à chaque seconde.

Nous, habitants des pays riches, avons une vie décente là où les autres ont une vie humaine, peut-être serait-il temps de l’admettre pour que le monde entier soit enfin humain donc riche.

« Dites de moi « oh le pauvre », le jour où vous me verrez sans aucun sentiment, aucune empathie envers un homme en détresse. Ce jour-là j’aurais perdu toute mon humanité, toute la richesse de mon être; ce jour-là, je serai vraiment pauvre. » ~ Thimothée Lohou

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