11 novembre 2015

Introduction à la Phase 3 : « je suis génial (et pas vous) »

« L’Homme est un loup pour l’Homme. » ~ Plaute, Thomas Hobbes

Bonjour !

La phase 3 est la culture prédominante dans 49% des tribus du monde.
Que ce soit parce que l’individu subit des discours élitiste ou simplement punissant l’échec, c’est la phase par laquelle la majorité de la population passe un jour.

Dans cette phase, on est encouragé et habitué à garder ses connaissances pour soi, à faire de ses contacts, ses clients, ses contrats, tout ce que l’on touche, un secret complet.

On mise tout sur la réussite personnelle, la recherche interminable par essence de l’atteinte d’un objectif par la rétention d’informations; on prive l’autre de l’accès à tous les outils qui pourraient faire de ce rival un concurrent qui nous dépasse.

C’est la phase dans laquelle on fait vivre les commerciaux, certains avocats et nombres de métiers du privé qui se doivent -soi-disant – de réussir sur le dos du voisin.
Chacun devient un loup solitaire qui guerroie pour parvenir à ses fins en espérant être soutenu mais en restant perpétuellement déçu de l’absence apparente d’ambition et de compétence de son entourage.

Aux yeux de l’individu en phase 3, les autres sont donc incapables, autant de freins à son succès.
Il voit davantage un échec comme le résultat d’un complot fomenté à son encontre par des personnes le jalousant et le poussant continuellement à être débordé par le devoir hérité de rattraper leurs erreurs que comme une conséquence de ses fondamentaux ou de sa méthodologie de travail.

Une dépendance au « succès »

Pour « avancer », l’individu en phase 3 doit avoir l’impression de victoire.
Il doit être le plus… intelligent, brillant, rapide, confiant, occupé…

Ils peuvent apparaître comme extrêmement arrogants, avec un ego démesuré, en réalité, ils sont surtout « drogués » à la notion de mérite, car ils sont habités à avoir le « bon point » pour avoir été les premiers à comprendre des mécanismes de calcul, de logique, d’apprentissage au cours de leur scolarité.

Et leur ego est renforcé dans des postes où le succès est une mesure individualisée : on récompense celui qui a fait le plus grand volume de ventes, on favorise celui qui apporte le café au patron le matin, on affiche le portrait de l’employé du mois; tout est bon pour celui qui est « le meilleur ».

Au final, l’individu en phase 3 est une personne conditionnée au sens que l’entendait Pavlov : chaque mot-clé est un stimuli conditionnel qui déclenche une réaction.
Elle peut être une pseudo-récompense comme le simple fait de signaler un bon travail ou une pseudo-punition lorsque l’on souligne que c’est bien mais pas encore assez en regard d’un quelconque concurrent.

De l’impossibilité de travailler en équipe

Il est quasiment impossible de faire travailler en équipe des personnes en phase 3.

En fait, en essayant, on se heurte inévitablement à deux comportements majeurs :
– j’ai bien compris la démarche, je suis même le meilleur puisque je l’ai compris en premier, donc je vais dominer le groupe;
– je n’en ai pas besoin et si ça se fait, je travaillerai de mon côté, à ma sauce, de toute façon les autres vont me ralentir.

Il existe même un danger à essayer de mettre en place un groupe de travail composé d’individus en phase 3, celui de voir un individu prendre effectivement le dessus et mettre en place une méthodologie similaire à celle conduisant au cas du mouton noir, laquelle finirait par faire régresser en phase 2 « les pires parmi les meilleurs ».

Conclusions de cette introduction

L’individu en phase 3 est un produit pur de la société de consommation et de nombre de modèles de scolarité qui favorisent le conditionnement et les personnes qui « rentrent dans le moule ».

Elles créent ceux qu’on qualifie très souvent « d’arrivistes » ou encore de « jeunes loups » et rendent le travail en équipe impossible lorsque l’on n’emploie que ce type de personnes.

Elles empêchent aussi ces personnes de réussir en tant qu’indépendant : en travaillant seul, il est impossible de blâmer autrui pour ses échecs et inéluctablement, l’individu doit changer de phase et c’est souvent une régression qui s’en suit.
C’est la raison pour laquelle on les retrouve plus souvent employées à des postes placards qui nourrissent leurs travers.

Nous verrons dans de prochains articles comment identifier la culture de phase 3, quels leviers utiliser pour faire évoluer ces individus en phase 4 et comment gérer des conflits notamment de hiérarchie (avec le cas d’une équipe en phase 4 confrontée à un « boss » en phase 3).

En attendant, voici un proverbe (qui a fait l’objet d’une épreuve de philosophie) à méditer :

« Le mieux est l’ennemi du bien ».

A bientôt pour plus d’informations sur la tribalité !

Introduction à la Phase 3 : « je suis génial (et pas vous) »
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