11 avril 2016

Régime : perdez 20 kilos sereinement d’ici cet été !

« La partie la plus dure d’un régime, ce n’est pas de faire attention à ce que vous mangez. C’est de regarder les autres manger. » ~ Jeff Rovin

Bonjour !

Si vous trouvez que mon titre d’article fait très putaclic… dites-vous que mine de rien, vous avez cliqué donc j’ai gagné 😀 mais il y aura du bon contenu malgré tout, c’est promis.

Alors pourquoi avoir subitement décidé de vous parler des régimes et d’une offre ô combien alléchante de perdre 20 kilos en moins de 3 mois ?
Ben parce que c’est exactement ce qui vous attend, au quotidien, jusqu’aux grandes vacances !

Et la valse a très bien commencé grâce à…
Non.
Non plus, Voici n’a pas initié le mouvement cette année.
Ni Paris Match…

Mais non voyons, je parlais bien évidemment de Playmobil, « en avant les histoires (déshumanisantes) ! ».

J’avais déjà abordé la question des régimes sur mon ancien blog mais comme ce n’était pas d’un point de vue tribal et carrément au cœur d’un article sur la théorie socio-anthropologique de la majorité ennemie, je me suis dit que ça vous ferait plaisir.

En avant Simone !

1/ La déshumanisation par le genre.

Playmobil l’a bien montré récemment (l’image suit si vous avez récemment déménagé au fond d’une grotte), la notion de régime à l’approche de l’été c’est avant tout l’héritage d’un bon plat en sauce Bernays.
Dans une société où l’outil infâme qu’il a créé prolifère plus vite que la peste noire dans l’ancienne Londres, l’été semble désormais rimer avec la sexualisation d’une société qui l’envisage plus rapidement à travers des corps en grande partie dénudés plutôt que par des châteaux de sable, des soirées guitare autour de feu de camps et des randonnées pédestres au cœurs des plus belles vallées d’ici ou d’ailleurs.

playmobil

Et dans cette vision de la société, il apparaît pour certain(e)s comme une évidence que les femmes être dotés d’un sexe les associant à la gente féminine doivent être « sexy » donc correspondre à un cliché de minceur auquel elles ne pourraient parvenir sans préalablement se torturer plusieurs mois durant à coup d’interdits alimentaires, réduisant leur repas à des crudités fades pesées au grammes près, le tout en devant supporter de voir les mâles hommes être en droit de se gaver de tout ce qui pourrait bien leur tomber sous la main puisque l’homme est par nature supérieur (ça serait marrant d’imaginer le monde si Bernays avait été une femme) et qu’il n’est donc pas contraint de devoir lutter pour arborer une tablette de chocolat pour être digne de madame lors de leurs parades à la plage.

Mais le sexisme affligeant de ce concept est-il le seul procédé déshumanisant du « régime » ?
Que nenni et on y vient tout de suite.

2/ Le régime : un indicateur social méconnu.

Avouez que ce sous-titre vous en bouche un coin et que vous n’y aviez jamais pensé !
Allez-y, n’ayez pas honte.

Le régime, en tout cas au sens de ce truc ignoble qui consiste à dérégler ponctuellement son alimentation dans le but invraisemblable d’accomplir un miracle esthétique en vue d’une période donnée est un indicateur social et par association, tribal, conséquent.

Pourquoi ?
Qui vous met en tête de faire un régime ?

Si vous pensez à la télé, aux magazines et aux publicités, vous avez presque raison même si ça serait plus honnête de répondre que c’est vous et rien que vous 😉

Tribalement, l’idée de faire un régime touche généralement les personnes des phases 2 et 3.
2 : ma vie est nulle, pourtant je vois les autres réussir; eux vont être minces cet été et moi pas, qu’à cela ne tienne, je vais m’imposer un régime pour leur ressembler et aucune différence ne paraîtra.

3 : je suis géniale et pas les autres, aucune raison pour moi de paraître autrement qu’au top, je vais perdre ces kilos en trop et leur montrer que mon corps vaut le regard (n’oublions pas que c’est la phase qui a fait de Bernays sa raison de vivre hein).

Dans la phase inférieure, on est trop occupé à rejeter le monde pour s’en soucier, dans les phases supérieures, ça fait un moment qu’on a dépassé ce genre de question futile et qu’on s’intéresse à bâtir un monde meilleur (débarrassé de Bernays par exemple) plutôt qu’à regarder les poignées d’amour de la voisine.

Socialement, on est à la fois dans le bas de la classe moyenne, celle qui n’a pas les moyens d’avoir un régime alimentaire « idéal » (je reviens sur ça plus tard), a besoin de rêver une vie « parfaite » (et consomme donc les magazines et émissions qui lui font miroiter une existence censée y correspondre) et dans le haut de cette même classe, qui rêve de pouvoir toucher du bout des doigts une certaine appartenance à l’aristocratie, à une forme bourgeoise et autres biens-nés, dont l’étiquette et l’apparence soignée les convainc qu’elles ne peuvent exister sans l’atteinte d’un idéal physique.

En dessous, on est trop pauvre pour se soucier de questions aussi futiles et en-dessus, on en revient à la question du régime alimentaire et non plus du régime au sens commun et totalement antinomique qu’on lui donne.

3/ L’antithèse du vrai régime.

« Depuis que j’ai eu des problèmes de tension, je suis un nouveau régime ».

Vous êtes d’accord, a priori, pour dire que le terme « régime » employé ici n’est pas du tout le même que celui que l’on vous vend à l’approche de l’été ?

Parfait, parce que c’est le seul vrai sens du terme régime (en dehors de celui de bananes mais c’est une autre question).

A l’origine, on parle de « régime » pour dire « régime alimentaire », soit pour désigner « [la] façon habituelle de s’alimenter et de se nourrir. L’alimentation végétarienne basée sur la consommation de fruits, légumes et céréales, l’alimentation omnivore variée, l’alimentation carnée sont autant de régimes alimentaires différents ».

En règle général, le régime alimentaire répond à un instinct inné, sauf s’il est discuté avec un médecin (comme dans l’exemple donné précédemment) auquel cas il est réadapté pour prévenir des carences ou des excès.

Quelles différences avec le régime qu’on nous vend à l’approche de l’été ?
Pour commencer, le risque sanitaire.

La plupart des régimes proposés en vue de l’été sont des régimes privatifs : on ne vous conseille pas d’adopter un nouveau régime alimentaire durable, on vous propose impose quasiment de ne plus rien manger pour entrer dans votre maillot de bain de collégienne en vous laissant le champ libre après coup.
C’est la raison pour laquelle on associe très souvent à cette pratique la notion d’effet yo-yo puisque l’on crée un dérèglement conséquent pour l’organisme à moyen et long terme.

Ensuite, le facteur psychologique.
Nous avons tous un métabolisme différent, justement adapté à notre régime alimentaire courant.
En suivant toutes le même régime saisonnier, certaines atteindront leur « objectif minceur » très rapidement, d’autres n’y parviendront tout simplement pas, même en redoublant de vigilance.
La culture du corps parfait, du régime et de la réussite « facile » constitue une grosse partie de ce qui fait persister les comportements pro-ana dont les dangers ne sont pas à prouver tellement ils sont évidents.
Le régime alimentaire n’a pas cette recherche de la « perfection », seulement d’un certain bien être et surtout d’une couverture convenable des besoins vitaux.

Enfin, le facteur financier.
Bah oui, ça paraît moins évident mais le régime saisonnier coûte en réalité bien plus cher, n’en déplaise à ceux et celles qui affirment que bien manger au quotidien est trop onéreux.
Quand on voit les conséquences médicales (baisse immunitaire, risques sanitaires associés, période de réadaptation post-régime et fringales associées) d’un régime ponctuel qui entraîne un effet yo-yo, comparativement, on avoir un régime alimentaire responsable voire bio toute l’année et avoir un budget dédié moins élevé compte tenu de ce qu’on ne paiera pas en frais médicaux.

Conclusions

Vous vous sentez mal dans votre peau ?
Vous avez la sensation que vous avez du poids à perdre ?

Ne vous tournez pas vers les magazines et ne vous en remettez pas à l’avis de la foule qui considère les corps en fonction d’une mode qu’on lui donne en pâture et qui estimait, il y a quelques siècles encore, que les rondeurs étaient un bien meilleur signe de santé et de richesse que la minceur qu’on nous prône aujourd’hui.

Demandez conseil à votre médecin ou à un nutritionniste / diététicien qui pourront repenser avec vous un régime alimentaire durable, vous correspondant pleinement.

Vous gagnerez un confort de corps et d’esprit bien plus intéressant que la maigre satisfaction apportée par le fait d’avoir pu arborer un deux pièces seyant pour des yeux que vous ne devriez même pas avoir envie de contenter.

Soyez vous, par vous au quotidien et pour vous, pour votre propre sérénité.

« Je pense être en mesure de me soumettre à n’importe quel régime pourvu que l’on me laisse la sauce. » ~ André Lévy

Personnellement, je me refuse à tout régime en sauce Bernays, je préfère encore que l’on rit de mes rondeurs plutôt que de pleurer certains mets.

Régime : perdez 20 kilos sereinement d’ici cet été !
5 (100%) 2 votes

Une réaction au sujet de « Régime : perdez 20 kilos sereinement d’ici cet été ! »

Laisser un commentaire