3 décembre 2015

« Ma vie est nulle », introduction à la phase 2.

« Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive. » ~ Eugène Labiche

Bonjour !

La phase 2 est la culture prédominante dans 25% des tribus du monde.
Avec la phase 3, c’est celle à travers la population passe le plus souvent et pour cause, si la phase 3 était le côté face d’une pièce (narcissique à souhait), la phase 2 serait le côté pile : indispensable mais bien moins regardée.

Dans cette phase, on s’est habitué au fait de voir les autres réussir mais pas soi; on a presque accepté d’être brimé sans cesse pour toutes les erreurs commises.

On part du principe qu’on est perdant, on est dans une phase passive-agressive : rien ne va, c’est la faute à tout le monde sauf que le tout le monde en question s’en sort bien et pas nous et plutôt que de taper du poing sur la table et remettre des choses au clair, on boude dans son coin en se plaignant d’autrui.

C’est la phase dans laquelle on fait vivre les moutons noirs de l’école mais aussi quelques employés de bureau (le bouc-émissaire de l’équipe, la tête de turc du patron…) et.. les électeurs (mais si vous savez bien, ceux qui vous expliquent que de toute façon, rien ne changera, qu’il serait temps que quelqu’un fasse enfin quelque chose, du moment que le quelqu’un ce n’est pas eux parce que, quand même, y’en a marre que toutes les décisions politiques soient toujours à leur désavantage).

Aux yeux de l’individu en phase 2, ceux en phase 3 réussissent uniquement grâce à la chance, les autres en phase 2 sont des gens qui manquent cruellement d’une quelconque volonté et ceux en phase 1… n’existent pas, parce qu’il n’y a personne de plus malheureux qu’eux.

De l’aigreur et du cynisme à gogo

Le gros problème des gens en phase 2 c’est qu’ils sont des sortes de victimes consentantes et que tenir le rôle de la victime les arrangent pour ne pas se retrouver dans une position de décideurs où ils devraient assumer les conséquences de leurs choix (et donc risquer de se rendre responsable de quoi que ce soit).

De fait, ils vont être très souvent amers, aigres, cyniques avec un seul but : la provocation.
Si vous venez leur présenter LE projet du siècle, ils trouveront toujours une critique (de préférence pas du tout constructive) qu’ils placeront sur un ton acide de façon à ce que vous les rembarriez : bingo, ils sont à nouveau la victime (oui, c’est un processus extrêmement pervers).

L’apathie qu’on leur voue est pourtant souvent utilisée : devinez qui occupe les postes de DRH, des services achats ou encore comptabilité dans les entreprises ?
En même temps quand on a besoin de faire porter le chapeau d’une décision à quelqu’un d’autre, autant que ça soit l’éternelle victime qui insupporte déjà naturellement les gens, non ?

Au final, là où l’individu en phase 3 est conditionnée comme l’entendait Pavlov, l’individu en phase 2 suit la logique du déterminisme de Spinoza : tout arrive parce que c’était décidé d’avance, donc je n’y peux rien et si je ne réussis pas, c’est la faute à tous les éléments extérieurs, donc aux autres.
Quoi qu’il arrive, l’individu en phase 2 est donc un éternel insatisfait.

Il sabotera en équipe

Oui, vous avez bien lu.

Le gros problème de l’individu en phase 2, c’est qu’il part perdant donc en étant enclin à s’inscrire dans une dynamique où tout finira par échouer… ce qui reste le meilleur moyen pour que ça arrive.

Il ne relèvera pas les problèmes et le seul moment où il communiquera, c’est s’il trouve que quelqu’un est en train d’harceler un autre individu en phase 2 : faudrait quand même pas qu’il perde le privilège d’être la seule victime.
En général, ça finit par une jolie crise et si l’équipe ne compte pas un vrai leader… il y a fort à parier qu’elle finira par abandonner… et donc nourrir la théorie de départ du fautif, CQFD.

Enfin, si constituer une équipe d’individus en phase 2 peut sembler être une bonne idée, dans la réalité, c’est un double risque car :
– l’équipe risque de volontairement refuser de faire quoi que ce soit (sans le dire, histoire que les délais et coûts soient déjà bien engagés);
– l’équipe risque de créer un mouton plus noir que noir en désignant la personne avec le moins de répondant comme sa cible commune et de la faire basculer en phase 1.

Conclusions de cette introduction

L’individu en phase 2 est un produit alternatif de la société de consommation et de nombre de modèles de scolarité qui pousse à se dire que si on n’est pas le meilleur, c’est donc que jamais rien de bon ne nous arrivera parce que notre existence est nulle de sens.

Ce sont ceux qu’on qualifie d’incompétents, de nuls, de bons à rien et qui deviennent inaptes au travail en équipe en tant que tels puisqu’ils aiment donner raison aux autres en sabotant des projets pour nourrir leur statut de victime des reproches qui leur seront adressés.

Tout comme l’individu en phase 3, ces personnes ne peuvent pas réussir en tant qu’indépendants, la différence c’est qu’ils refusent cette hypothèse car elle les priverait de ce rôle de passif-agressif derrière lequel ils se cachent.
C’est la raison pour laquelle on les retrouve plus souvent employées à des postes qui nourrissent leurs travers, là où ils peuvent presque être payés à être détestés (ce qui traduit bien l’énorme déshumanisation qui va avec).

Nous verrons dans de prochains articles comment identifier la culture de phase 2, quels leviers utiliser pour faire évoluer ces individus en phase 3 et comment gérer des conflits, notamment lorsqu’on doit porter un projet avec une équipe qui compte au moins un coéquipier en phase 2

En attendant, voici de quoi faire réfléchir vos collègues qui nagent dans cette phase :

« S’abandonner au désespoir sur la ligne de départ, c’est partir perdant. » ~ Normand Reid

Attention, ils risquent de vous répondre que vous osez les juger et que c’est facile pour vous parce que vous n’avez jamais traversé ça 😀

A bientôt pour plus d’informations sur la tribalité !

« Ma vie est nulle », introduction à la phase 2.
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