Christine Angot ou l’art d’avoir raison sur un malentendu

Les gens qui nous connaissent un minimum savent qu’il est commun, au moins pour Julie, de dire que tout peut réussir sur un malentendu.
Et aujourd’hui, nous allons donc nous intéresser à Christine Angot et plus précisément à ses propos sur les artistes !

Commençons par nous mettre dans une bonne ambiance, en citant ses propos :

« Être artiste, c’est toujours un plan B, le résultat d’un échec. »

Maintenant que c’est fait, la réaction à chaud, surtout quand on a déjà entendu Christine Angot s’exprimer (notamment sur le thème du viol), c’est de se demander si elle n’est pas payée à être condescendante avec tout le monde et à faire rager les honnêtes gens qui se seraient bien passé.e.s de son avis.
C’est vrai quoi, la voilà MADAME Angot, sur son fier destrier de la bonne morale et la société moderne de l’excellence et de la réussite parfaite (elle ferait sacrément bien carrière dans l’enseignement, surtout dans le supérieur), venue nous expliquer qu’en fait, les artistes sont les ratés qui n’ont rien su faire d’autre de leur vie…

Et pourtant, au milieu de son mépris, de son arrogance et des milliers d’autres défauts imbuvables qu’elle a, elle a raison.
Bon, dans la mesure où elle a raison sans en avoir conscience, il est évident que ce n’était pas voulu… donc oui, a priori elle a raison sur un malentendu.

MAIS COMMENT POUVEZ-VOUS DIRE QU’ELLE A RAISON ?!

Mais tout simplement parce que, encore une fois, elle aurait très bien pu faire carrière dans l’éducation.

Revenons-en à nos (derniers) articles sur l’instruction en France.
Aujourd’hui, l’éducation nous conduit à rentrer dans un moule tellement dégueulasse qu’il est impossible pour la plupart des élèves de savoir ce qu’ils ont envie de faire plus tard (une décision que nous devrions pourtant pouvoir prendre à nos 14 ans, grosso modo).
De fait, la majorité des gens essaie de suivre les voies qu’on impose : t’es bon en maths, va en bac S et pars en médecine, t’es bon en lettre, va en L et oriente toi en journalisme ou en traduction.

Sauf qu’évidemment, à « choisir » ainsi, tôt ou tard on a envie de tout plaquer et de faire autre chose.
Là encore, chez la majorité des gens, ça se manifeste plutôt tardivement et c’est ce que l’on appelle très communément la « crise de la quarantaine » : ce moment où psychologiquement on réagit au fait qu’on approche dangereusement de la moitié de notre existence et qu’on regarde en arrière… et que si on a voulu rentrer dans le moule ben on regrette et on part « en live ».

Et puis il y a les autres.
Les autres se sont les personnes ascolarisées, celles qui ont choisi de monter leur entreprise très tôt plutôt que de perdre des années dans des entreprises, celles qui veulent écrire un monde meilleur (parce qu’elles sont déjà en phase 5)… et les artistes.

Et si on y regarde bien, du coup oui, un.e artiste, c’est une personne qui a échoué… à rentrer dans le moule de la société.
C’est la raison pour laquelle il est si fréquent de croiser des « artistes engagé.e.s » (les guillemets sont là pour relever le pléonasme, si t’as la fibre artistique, que ça soit après la crise de la quarantaine ou assumé depuis toujours, t’es forcément engagé.e puisque tu te défais de ce que la société voulait t’imposer).

En conséquence… et bien oui, Angot a raison.
Être artiste, au regard de ce que la société exige de l’individu lambda, c’est un plan B, le résultat d’un échec à être un parfait mouton, en quelque sort une forme d’évolution.
Et finalement, c’est bien la preuve qu’échouer ne peut mener qu’à la réussite.

Pour terminer, nous nous devions quand même répondre à Christine Angot et nous espérons que ce message passera sous les yeux du plus grand nombre !

« Si être un artiste, c’est avoir échoué, alors espérons que la nouvelle génération comptera le plus grand taux d’échec au jeu de la vie, l’Humanité en ressortirait grandie. Puissiez-vous, à votre tour, échouer un jour, pour pouvoir vous libérer de la tristesse et la souffrance qui vous habitent, en dépit de votre prétention à ne pas vouloir reconnaître les victimes (de viol mais pas que) comme des victimes. Il y a une différence entre se victimiser et être une victime qui témoigne, la même qu’il y a entre une personne qui n’a jamais échoué et méprise autrui et celle qui a eu la chance de ne pas réussir et qui prône la tolérance de tou.te.s, y compris des premières. Aimez, riez, amusez, aimez encore et surtout, faites ce que vous aimez, à la fin, l’avis des autres est comme la vie des autres, dénué d’intérêt quand il s’agit d’avoir cherché – et qui sait, peut-être atteint ? – le bonheur. »

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