Chemin du bout du monde. VERDICT : intéressant mais peut mieux faire.

Chemin du bout du monde. VERDICT : intéressant mais peut mieux faire.

Comme j’aime beaucoup lire et que j’adore partager mes points de vue sur les lectures, je me suis dit qu’il serait sympa de vous proposer une parenthèse sur le site, un coin lecture, où je publierai les chroniques qu’on me commanderait.

Jean Benjamin Jouteur m’ confié « Chemin au bout du monde. » via SimPlement.pro

Chemin du bout du monde : la présentation officielle.

Un manoir pétrifié sous la neige, un jeune homme qui vit la route, la mort incompréhensible d’une jeune héritière… Dans ce chemin du bout du monde, deux histoires s’imbriquent. Il y a l’affaire d’Aubigny, une délicate enquête pour la séduisante commandante Christine Cartier, officière atypique de la gendarmerie nationale. Complots de famille, jalousies, magouilles politiques, héritage, milieu niçois… Comment mettre à nue une vérité que nul ne semble vraiment connaitre ? Et puis il y a Éric. Fissuré de doutes, consumé de révoltes, dévalisant les honnêtes gens, il fréquente les zonards, les junkies, les dealeurs, les marginaux. Égaré dans les vapeurs incertaines de paradis artificiels, poursuivi sans relâche par une ombre du passé cruellement aimante, il perd facilement le contrôle. Son comportement est imprévisible. Un soir de manque, dans un bar paumé d’une ville du Forez, son avenir prend soudain la fuite. C’est la descente aux enfers. Englué dans les méandres d’un présent trop angoissant, à bout de souffle, il tente maladroitement de recomposer un passé occulté. Pour tous il devient la cible, celui qu’il faut abattre… Ou peut-être aider.

Ma réaction à la présentation.

On sort des sentiers battus avec cette présentation qui met directement en avant le fait que l’enquête s’enroulera et se déroulera autour de multiples personnes aux multiples facettes.
Pour un livre annoncé thriller noir, c’est prometteur.

Chemin du bout du monde : qu’en penser après la lecture ?

Non.

C’est un peu brutal mais c’est la réponse aux deux questions que je me pose immédiatement face au genre littéraire annoncé.

Est-ce un thriller ? Non, pas selon la définition usuelle.
Pour mes références personnelles et ma vision du thriller, je vous renvoie à une précédente chronique (celle de Manhattan Marilyn).

Est-ce noir ? Non plus.
Il y a des homicides (sinon ça ne serait ni un thriller, ni même un polar) mais ça n’est pas noir, au mieux psychologique si on tient compte de la personnalité complexe d’Eric.

Maintenant, est-ce bon ?
Ma foi, si ce n’est clairement pas à mon goût, je pense que ça reste bon et plutôt grand public (contrairement à ce que la catégorisation peut laisser à penser).

Comme d’habitude, je vous propose d’en débattre à partir de l’analyse du fond et de la forme; une fois n’est pas coutume, on commencera par le fond.

AVERTISSEMENT : l’auteur précise avant le début du récit que ce roman est l’adaptation très libre d’un spectacle intitulé « L’avenir en fuite ».
Merci de tenir compte du fait que – aussi libre l’adaptation soit-elle – il est possible que nombre d’éléments aient été influencés par l’oeuvre d’origine, ce dont ma chronique ne tient pas forcément en compte (je pense notamment au dénouement).

Une histoire intéressante mais qui pêche par perfectionnisme ?

L’histoire est intéressante, la variété des personnages et des caractères offre un panel très vivant, très humain, très véridique à l’ensemble.
L’enquête est d’ailleurs assez naturelle (contrairement à la plupart des romans d’aujourd’hui) et paraît donc parfaitement authentique; cela donne la sensation que l’auteur s’est documenté à ce sujet ce qui est très plaisant.

MAIS… la fin, elle, en fait trop.

ATTENTION, j’ai déjà collé un avertissement avant, j’écris sans connaître le degré d’adaptation de l’oeuvre d’origine, qui comportait peut-être le même « twisted plot » à la fin.

Lorsque l’on progresse dans les derniers chapitres, une fin s’inscrit dans notre esprit.
En bon auteur de polar, Jean Benjamin Jouteur se joue de nous pour nous proposer une alternative plus intéressante, plus parfaite d’ailleurs, plaisante, complète, très satisfaisante.

Puis une autre, plus complète mais aussi plus complexe, peut-être même trop et conduisant à une conclusion plus longue que prévue et que j’ai personnellement trouvée parfaitement inutile.
C’est évidemment au goût de chacun mais j’ai eu la sensation que l’auteur voulait faire d’un bon roman un livre encore meilleur sauf qu’en réalité, ça ne sauve pas l’affaire, au contraire; assez dommage.

Dans l’ensemble l’histoire reste convenablement travaillée dans son intrigue, reste à savoir ce que donne la forme.

Une forme… difforme ?

Alors… je n’écris pas difforme au sens biscornue mais… pas équilibré, des choses ne vont pas.

Il y a, çà et là, quelques coquilles.
Le nom de famille d’Eric est présenté en 2 orthographes différentes et on lui prête au départ un nom qui n’est pas le sien (sans que l’on sache s’il avait pris un nom d’emprunt ou pas).

Plus tard dans le livre, c’est le personnage de Thomas, dans une explication que je ne dévoilerai pas ici pour ne pas risquer de gâcher la lecture de qui que ce soit, qui est le centre d’une phrase assez longue dans laquelle son prénom se substitue à celui d’un autre personnage.

Quelques fautes de frappe passées à la trappe plus tard, le livre est intéressant mais la forme soulève des questions pour un roman déjà publié et non pas en phase de relecture.

Je re-précise ici que la forme n’est pas celle d’un thriller (pas d’écriture créant l’urgence ou reposant sur du cliffhanger) mais en revanche, le polar lui est de qualité.

Avis purement personnel et subjectif complémentaire : l’aspect boudeur du Commandant Cartier en début de livre est un frein considérable à la lecture.
Conjuguée à la lenteur de mise en place de l’intrigue, l’ensemble sonne comme un appel à remettre cette enquête à plus tard, comme pour apaiser ce personnage trop enclin à nous rappeler l’injustice de son « putain de métier ».

J’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?

J’aime un peu.

Très honnêtement, les polars ne sont que difficilement ma tasse de thé donc les polars catégorisés thrillers me posent problème, maintenant sur un plan purement analytique, ce livre n’est pas mauvais du tout mais il n’est pas non plus épatant.

Son fond est vraiment intéressant, si l’on passe outre le caractère du Commandant au départ, la richesse des personnages est vraiment saisissante et nous donne l’impression de lire un fait divers bien réel, on sent l’inspiration de l’auteur.

Pour autant, la forme caractérise trop l’oeuvre pour que je puisse l’apprécier, en revanche elle trouvera indubitablement un public.
Si l’on aime les bonnes enquêtes, qui n’ont pas un coupable pré-mâché mais des fonds et tréfonds brumeux et psychologiques, ce livre sera des plus intéressants.
L’absence d’omniscience du lecteur renforce d’ailleurs l’intérêt; on est sur du téléfilm en devenir, bien plus intriguant et intéressant que Lescaut et compagnie même si les amateurs de frissons seront en reste.

Je le recommande chaudement pour une découverte du genre ou pour les personnes déjà passionnées de polars qui aiment devoir enquêter et s’aventurer sur un terrain psychologique bercé par la pénombre !

Remerciements et autres infos utiles

IMPORTANT : afin de travailler en toute transparence, avant mon retour, ce livre avait reçu – sur SimPlement.pro – 4 chroniques positives pour une note moyenne de 17/20.
Ma critique divergeant beaucoup de la moyenne, je vous invite plus que jamais à vous faire votre propre idée en lisant le livre ! 😉 (vous savez que votre humble servante est parfois difficile à satisfaire…)

Un grand merci à Jean Benjamin Jouteur pour m’avoir invitée à lire son livre !
En plus l’histoire se déroule dans ma région natale, alors forcément, j’ai pris plaisir à lire les descriptions.

Vous avez aimé cette chronique et vous vous dites que ce livre serait parfait pour vous ?
Vous pouvez vous le procurer sur Amazon, pour 2.80 € au format Kindle (numérique) ou 12.66 € au format Broché !

Julie FERRIER
A propos Julie FERRIER 28 Articles
Informaticienne d'étude conduisant des recherches complémentaires en communication et en tribalité, Julie dispense des cours publics dans le supérieur en tant qu'enseignante vacataire ainsi que des cours privés des classes primaires aux classes préparatoires. Elle se définit comme "solutionneuse" et a pour but fondamental de contribuer à une démocratisation de l'accès à la connaissance et au partage de connaissances sans discrimination aucune.

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