FaceBook ne nous censure pas, nous nous censurons nous-même.

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Qui utilise FaceBook en tant que professionnel a sans doute eu l’occasion ces derniers jours de tomber sur divers coups de gueule au sujet de FaceBook.

Ah, les salauds de capitalistes qui veulent tuer les petits pros, enfin, les petits artistes surtout, avec une censure des contenus !

Finis les cadeaux à la communauté contre des likes et partages, terminées les publications qui recevront des réactions négatives, on fait vraiment tout pour tuer les petits créateurs, finalement on devrait tous se barrer de la plateforme.

Oui… on devrait mais pas pour ces raisons là qui n’ont de nouveau que le fait que soudainement on s’en soucie…

Quand les gens découvrent le fonctionnement d’une plateforme.

Non parce qu’en fait, le fait de ne pas avoir le droit d’appeler au like de publication ou de page ou au partage… ben en fait ça existe depuis toujours.
Encore faut-il lire les conditions d’utilisation.

Allez, faisons un petit tour du propriétaire…

FaceBook découpe son fonctionnement en deux blocs : d’un côté les contenus du grand public (les comptes utilisateurs) et de l’autre les contenus de professionnels (les pages).

Il est interdit pour des comptes utilisateurs d’être utilisés pour des fins professionnelles (vous n’avez pas le droit de vendre vos produits ou services par ce biais) puisque c’est exactement pour cela qu’il y a des pages.

Et par soucis de réciprocité, les pages servent donc à vendre des produits et services avec la promesse de ne pas spammer les utilisateurs.
Et c’est dans cette dynamique que la plateforme propose ses services en publicité pour les personnes qui veulent accompagner leur communication d’outils marketing.

Or, l’être humain étant ce qu’il est, majoritairement bloqué dans sa phase 3 putride du « je suis génial », il était évident que les professionnels se serviraient de comptes persos pour vendre des produits et services et qu’ils trouveraient une solution pour forcer les utilisateurs à se spammer entre eux.

Donc FaceBook avait originellement prévu ces règles sur la publication.
Et donc on les a enfreinte.

Et le problème c’est qu’avec des millions d’utilisateurs, ce qui devait arriver arriva, les flux d’actualités des utilisateurs ont été pollués par ces infractions au point qu’il était impossible pour quelqu’un de pouvoir voir le fil d’actualité de ses amis.

Il fallait donc des solutions.

Des algorithmes pour des questions de cohérence.

Dans la mesure où nous nous sommes tous retrouvés à perdre de vue le fil d’actualité de nos amis, évidemment, le grand public a crié à la pollution publicitaire et a exigé une solution pour revoir les publications des contacts en priorité.

Rappelons nous : c’est ce qui a poussé FaceBook à créer l’option « voir en premier » dans le suivi de nos amis.

Mais une fois les publications des amis presque correctement visibles, il restait tout le reste.
Et tout le reste c’était les publications des pages que nous suivions mais aussi les réactions de nos amis aux pages qu’ils suivaient, aussi bien en termes de like que de partage.

Là encore, avec des millions d’interactions par minute, il faut trouver un filtre efficace.
FaceBook décide donc de favoriser dans les flux d’actualité les publications qui reçoivent une réaction autre que le simple like mais aussi celles qui reçoivent des commentaires.

Erreur fatale : le problème de l’humanité, c’est qu’avec 73% de sa population dans les phases les moins positives, les pages les plus visibles sont désormais les pages avec les contenus les plus… controversés… énervants… dangereux.

Alors au milieu de tout cela, comment faire en sorte que les contenus qui sont les plus importants puissent redevenir les plus visibles ?

Et bien la plateforme ne peut plus compter que sur l’intelligence collective.
Elle réfléchit donc à des solutions parmi lesquelles une fuitera, évoquant un renforcement du contrôle de l’application des conditions générales d’utilisation et un affinage des filtres liés aux réactions : désormais les contenus aimés ou faisant rire prendront le dessus sur les contenus énervants ou faisant pleurer.

Et finalement… après des années à s’adapter au fonctionnement de l’être humain, la plateforme se fait taxer de censure… par des gens qui n’en ont littéralement jamais ni respecté les règles ni saisi le fonctionnement.

La bonne nouvelle (pour tout le monde) c’est que de toute façon, tout cela sera bientôt terminé.

Les réseaux sociaux, une mort programmée.

Les professionnels soucieux de leur communication le savent, d’ici cet hiver et au plus tard à l’été 2020 les réseaux sociaux n’auront plus la moindre valeur et n’en ont déjà plus réellement depuis un moment.

Pourquoi ?
A cause de l’usage abusif des uns et de l’amélioration de la communication des autres.

Pour qu’un outil comme un réseau social soit utile à un indépendant, sa première fonction doit être de le mettre au contact de son avatar client.
Or, le fonctionnement de proximité et de contact de FaceBook ne l’a jamais réellement permis et les filtres régulateurs ayant été mis en place pour contraindre les utilisateurs à respecter les règles tout en pouvant continuer à accéder à des contenus choisis empêchent désormais clairement d’atteindre ces cibles.

Sauf à effectuer des campagnes publicitaires mais là aussi le taux de transformation théorique s’étant écroulé, il est plus que raisonnable de réaliser que cela ne fait plus sens.

Pourtant de nombreux entrepreneurs (tous secteurs confondus et indépendamment de l’ancienneté de leur structure) hurlent de douleurs, eux qui ne font déjà pas assez de chiffre pour vivre de leur activité et qui vont être privés de leur principal (parfois le seul) outil de communication.

Pour ceux là j’ai quelques mauvaises nouvelles :

  • si vous étiez sur FaceBook avant de faire assez de chiffre pour vivre de votre activité, alors vous aviez déjà raté votre communication.
  • si FaceBook est votre seul support de communication, vous avez déjà raté votre communication.
  • si vous avez pensé pouvoir faire seul votre communication sans être formé (réellement) dans ce secteur, vous avez déjà raté votre communication.

Aussi fou que ça soit à écrire, la communication ne s’improvise pas.
La communication est un métier à part entière et si aujourd’hui vous avez la sensation qu’on vous censure à cause de ces modifications de filtres, d’une part ça veut dire que ça fait 5 ans que vous vivez dans une bulle sans vous tenir au courant de l’évolution des NTIC, d’autre part ça veut dire que vous n’avez pas la vision (et la formation en communication) nécessaire à voir les solutions.

Et pourtant, les solutions existent et vous les avez peut-être déjà vu fleurir sur FaceBook : certaines pages se sont mises à diffuser des contenus sous forme d’images, avec un appel à réagir avec des emojis spécifiques, pour donner son avis sur un sujet.

Non seulement cette pratique est en adéquation avec les CGU mais en prime elle permet de jouer efficacement avec les filtres.

Besoin d’organiser un concours et envie d’avoir des partages ?
Il est illégal de rendre le partage obligatoire… mais ça peut octroyer des chances supplémentaires… une astuce utilisée depuis… 4 ans !

Vous avez pensé une grande séquence de communication et vous voulez la diffuser efficacement ?
Démarrez avec une vidéo courte au format carrée (nouvelle norme depuis 12 à 18 mois) et terminez sur un appel à l’action vers votre site ou votre séquence email automatique.

D’ailleurs, toutes vos publications doivent comporter ce genre d’appel à l’action parce que la finalité c’est ça et pas faire un concours à qui à la plus grosse… popularité virtuelle sur FaceBook surtout quand on peut acheter ses like et partages.

Le but, à l’origine, c’est de gagner sa vie, donc d’avoir une communication qui nourrit un fichier client efficacement et génère du chiffre… mais vous le saviez, n’est-ce pas ?

Bref… le tout, c’est surtout de faire de la communication et la mort de plateforme comme FaceBook n’impactera pas les personnes qui se sont déjà données les moyens d’avoir une communication qui allie stratégie de fond et publications qualifiées récurrentes.

Et si je n’ai pas les moyens de faire tout ça ?

Un projet professionnel repose sur 3 ressources :

  • les ressources financières
  • les compétences
  • le réseau

Les plateformes de type réseaux sociaux ne constituent que le tiers de ce dont vous avez besoin et encore, dans le cas où vous avez défini votre avatar et que les gens qui vous suivent correspondent à cet avatar, on élimine 20% des pages qui existent.

Pour le reste et surtout pour votre communication, soit vous avec les compétences, soit vous devez les acquérir.

Et si vous avez besoin de les acquérir, soit vous devez vous former, soit vous devez nouer des partenariats (par exemple par échange de compétences).

Dans tous les cas, il est une réalité : si vous utilisez des outils comme FaceBook, YouTube, Twitter, Instagram et compagnie, il y aura toujours des filtres en place parce que vous n’êtes pas seul sur la toile et que pour avoir un public à cibler, il faut aussi que le public puisse choisir de vous voir ou pas.

A défaut de pouvoir s’assurer que chacun agira demain de manière logique (en aimant les publications des personnes qu’on devrait soutenir et en arrêtant de partager / aimer ce qui est négatif), le seul vrai pouvoir d’un indépendant, c’est de gérer correctement sa communication qui, rappelons le, est censée débuter de 6 à 9 mois avant un lancement officiel de projet et tout au long de la vie de celui-ci.

Cela implique de se tenir au courant de l’évolution des NTIC, de comprendre que le solopreneur est en déclin dans la sphère numérique, d’admettre que le comportement du lambda définit les règles du jeu et d’arrêter de trouver des excuses chez les autres à ses propres échecs.

Bref, l’entrepreneur qui survit, est un membre d’une tribu en phase 4, encore faut-il se donner les moyens d’atteindre ce premier objectif, en commençant par arrêter d’avoir l’arrogance de prétendre visualiser tous les enjeux au centre de plateformes gérant via des algorithmes automatisés des millions d’humain quand on est déjà bien incapable de bâtir une communauté qualifiée et durable.

L’important c’est le résultat qu’on veut atteindre puis la méthode que l’on emploie pour l’obtenir; pour qu’un projet professionnel partiellement numérique fonctionne durablement, il faut de la communication, de la gestion des systèmes d’information, de la rigueur légale et un avatar client clairement établi.
Sans cela, aucun outil en ligne, aucune méthode miracle, aucune communauté bâtie sur la volonté de révolutionner le numérique ne saura être utile.

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Julie FERRIER
A propos Julie FERRIER 22 Articles
Informaticienne d'étude conduisant des recherches complémentaires en communication et en tribalité, Julie dispense des cours publics dans le supérieur en tant qu'enseignante vacataire ainsi que des cours privés des classes primaires aux classes préparatoires. Elle se définit comme "solutionneuse" et a pour but fondamental de contribuer à une démocratisation de l'accès à la connaissance et au partage de connaissances sans discrimination aucune.

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