La destinée des désolations, T1. VERDICT : apocalyptique à souhait !

La destinée des désolations, T1. VERDICT : apocalyptique à souhait !

« La destinée des désolations, tome 1 », un livre signé Arnaud Niklaus.

Comme j’aime beaucoup lire et que j’adore partager mes points de vue sur les lectures, je me suis dit qu’il serait sympa de proposer une parenthèse sur le site, un coin lecture, où je publierai les chroniques qu’on me commanderait.

Arnaud Niklaus m’a confié « La destinée des désolations » via SimPlement.pro.

La destinée des désolations : la présentation officielle.

Dans un futur proche, Casey Alexander parcourt les restes du monde, avec un seul but en tête : trouver un havre de paix. Au cours de son périple, il rencontrera ses futurs alliés… Comme ses futurs ennemis ! En leur compagnie, Casey tentera l’impossible pour survivre et trouver une terre accueillante où vivre…

Ce premier tome de la saga littéraire « La destinée des désolations » est une introduction à cet univers bien particulier. 
Les aventures de Casey Alexander se poursuivront sur de nombreux ouvrages (le tome 2 sortira le 01 janvier 2019).

Ma réaction à la présentation.

Le petit pitch me fait penser au film « The Road » avec un univers post-apocalyptique où Viggo Mortensen campe un père qui tente de survivre avec son fils, envers et contre tout, dans un monde où tout a foutu le camp.

J’aime bien les œuvres de science-fiction donc pourquoi pas. 

La destinée des désolations : qu’en penser après la lecture ?

Là, nous avons typiquement affaire à un livre en mode « ça passe ou ça casse ».
Par curiosité, une fois n’est pas coutume, j’ai jeté un œil au chroniques de quelques confrères pour confirmer mon impression et la prédiction se vérifie : un même critère est à charge ou décharge selon les goûts de chacun.
Aussi, en plus d’analyser la forme et le fond, je vais exceptionnellement faire l’effort de vous expliquer aussi précisément que possible pourquoi ça vous influencera dans un sens ou dans l’autre.
En voiture Simone !

Un format qui se fond dans l’univers présenté.

Je prête rarement attention, surtout au format numérique, au nombre de page d’un livre avant de le lire; il peut être court et ennuyeux comme long et passionnant, donc habituellement cela m’importe peu.
MAIS dans le cas présent, le format m’a surprise… 35 pages, seulement.

Et alors ?
Alors on commence ici directement la différence d’approche.
D’un côté, ça peut faire râler, on peut se dire que l’auteur aurait du rendre une copie le jour où il aurait terminé une dizaine de tomes, histoire que ça soit un « vrai » roman et pas un format « longue nouvelle ».
D’un autre, on peut apprécier le culot du format.
En traitant d’un univers post-apocalyptique, avec ses aspects chaotiques, ne pas se plier aux normes de l’édition offre une forme cohérente avec le récit.
Evidemment, l’auteur aurait aussi pu broder, combiner deux tomes… mais doit-on faire d’une possibilité une obligation ?

Une narration et une organisation globale stratégique et rondement menée.

Éternel critère de la littérature, la gestion de la narration est parfaite dans cette oeuvre.
On commence dans la peau de Casey qui nous délivre, sans fioritures ni excès, les composantes de son quotidien.
C’est brutal, froid, presque glacial… mais tout autant humain, surtout dans l’univers qu’on nous a promis.

Ensuite s’enchaînent les courts chapitres pour nous faire découvrir d’autres points de vue jusqu’au chapitre où tout s’entrelace.

L’écriture est légère, le vocabulaire de bon niveau sans être excessivement élevé.
Le livre est accessible; à noter cependant qu’il est conseillé à un public averti, en raison de la dureté du monde qui y est décrit mais aussi – pour les plus pudiques d’entre nous – d’un chapitre aux descriptions très charnelles.

Enfin… le fameux critère qui a divisé le plus grand nombre de chroniques : le tome ne clôt pas une histoire.
Habituellement, si un tome ne clôt pas l’histoire globale, il clôt au moins sa propre histoire; ici ça n’est pas le cas, il se finit plutôt à la manière d’un cliffhanger de série télévisée, vous amenant à attendre impatiemment le tome suivant… sauf si vous détestez cet effet de suspens.
Si vous aimez que tout s’achève proprement, passez votre chemin; encore une fois le livre est à la hauteur de son univers, ne vous attendez surtout pas à une gestion orthodoxe de la suite !

Un fond exceptionnellement humain qui divisera les lecteurs.

Si vous aimez qu’un livre de sci-fi vous propose de longues descriptions des paysages qui s’offrent au héros, passez votre chemin, vous ne trouverez pas cela ici.
Idem si vous aimez tout savoir tout de suite des différents personnages rencontrés en chemin.

Ce livre est froid, il glacera jusqu’à vos os de son univers impitoyable où la survie est le maître-mot et quand on survie, on se fiche de qui est l’autre, on a juste besoin de savoir s’il compte nous attaquer, si on peut en faire un allié – durable ou non – bref, si nos intérêts vont dans le même sens.

Idem pour les paysages : on analysera ce qui présente un danger, un risque de guet-apens, ou une source de protection, des chemins dérobés, des lieux discrets, à l’abri de tout regard…

Les personnages sont crus et oui, il est difficile d’en savoir beaucoup à leur sujet; certaines personnes trouveront ça dommage vu que le format permettait de s’étendre, d’autre que c’est impossible d’avoir des personnages aussi « arrêtés » mais dans un univers aussi froid, il peut sembler cohérent que chacun ait désormais un caractère bien tranché, en tout cas en apparence, par principe de résilience et d’auto-préservation.

J’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?

J’ai vraiment aimé passionnément.

Je trouve l’écriture habilement maniée, je pense que le style général du roman s’inscrit en parfaite adéquation avec son univers et si c’est effectivement plutôt culotté, je trouve l’idée vraiment intéressante.

Bien-sûr, il y a une frustration à la manière dont se finit le tome et oui, il est exact de prétendre que ce livre aurait pu être le prologue d’une oeuvre classique.
Pourtant, la dimension artistique de ce choix est relativement intéressante, en plus d’être permissive à l’auteur pour la suite.
Deuxième tome dans la poursuite du premier ?
Approche de nouveaux personnages ?
Ellipse temporelle ?
Prise en compte des retours de lecteurs entre temps pour l’évolution de l’histoire ?

En fait, je crois qu’on peut résumer ce livre en une réalité : ce roman est comme une BD, sans les images.
On autorise une BD a avoir un format court; on n’attend pas que chaque tome finisse une histoire précise, on autorise les personnages à être et paraître à leur gré…

« Ouais mais une BD sans image, c’est idiot » me direz-vous.
Cela peut sonner comme un défaut, une sorte d’oeuvre inachevée mais, si finalement c’était tout le contraire ?
Si cette écriture si particulière nous libérait des dernières entraves de la BD ?
Ici, vous obtenez un récit de même qualité, plus complet même et vous n’êtes pas influencé – à tort ou à raison – par les images; les personnages sont comme vous les imaginez et non comme le dessin vous le suggère, les mondes, les villes, la violence, la misère, comme votre cerveau les imagine.
C’est plus permissif pour votre esprit que n’importe quel autre format.

En conclusion, je pense que ce livre traite d’un thème épineux (le post-apocalyptique n’est pas à la portée de tous) avec une authenticité impressionnante qui peut passer pour de la simple froideur si on n’est pas coutumier du genre ou que l’on ne peut pas se figurer « honnêtement » à quoi ressemblerait la vie dans un univers où tout – ou presque – joue contre vous.
Il n’est pas fait pour du grand public, surtout pas pour les personnes qui aiment les livres « à la mode », il est bien trop atypique dans son organisation et son style.
Mais si vous aimez lire parce que vous reconnaissez la littérature comme un art et donc comme un univers qui peut prendre n’importe quelle forme pour vous raconter une histoire, indéniablement ce récit vous séduira.

Quant aux personnes qui s’inquiéteront, légitimement, du coup global que pourrait avoir une série de livres dans ce format si spécifique, vous verrez, juste après, que l’accessibilité de prix rend possible une collection pour un montant tout à fait raisonnable à long terme; ne craigniez pas de la débuter sur ce seul critère.

Remerciements et autres infos utiles

Un énorme merci à Arnaud Niklaus pour cette opportunité.
J’ai vraiment été très agréablement surprise par le format et j’ai beaucoup aimé cette manière de décrire la cruauté de la vie telle qu’elle apparaît dans ce début de saga.

Vous avez aimé cette chronique et vous avez envie d’acheter le livre ?
Vous pouvez le trouver sur Amazon, pour la fortune de… 0.99 € au format Kindle (numérique), 3.34 € au format Broché.

Julie FERRIER
A propos Julie FERRIER 24 Articles
Informaticienne d'étude conduisant des recherches complémentaires en communication et en tribalité, Julie dispense des cours publics dans le supérieur en tant qu'enseignante vacataire ainsi que des cours privés des classes primaires aux classes préparatoires. Elle se définit comme "solutionneuse" et a pour but fondamental de contribuer à une démocratisation de l'accès à la connaissance et au partage de connaissances sans discrimination aucune.

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