Le voyage de Kirikoustra. VERDICT : pour un public qui n’a pas froid aux yeux !

ANNONCES

« Le Voyage de Kirikoustra », un (premier) livre de Kirikoustra.

Comme j’aime beaucoup lire et que j’adore partager mes points de vue sur les lectures, je me suis dit qu’il serait sympa de proposer une parenthèse sur le site, un coin lecture, où je publierai les chroniques qu’on me commanderait.

Kirikoustra m’a confié « Le Voyage de Kirikoustra » via SimPlement.pro, dans un cadre fascinant car nu de tout contexte (le livre n’est pas catégorisé, le 4e de couverture n’est pas affiché) avec comme seule instruction une note de l’auteur :

« Vous ne m’avez pas dit comment l’écrire, je ne vous dirai donc pas comment faire votre chronique.
Une seule condition, en parler seulement après car je veux vous laisser vierge de toutes influences 😉
Merci à vous ».

Le voyage de Kirikoustra : la présentation officielle.

Du coup, comme précisé juste ci-dessus, aucune présentation officielle.

La seule chose dont je disposais avant de débuter ma lecture c’était la couverture du livre et si vous vous demandez ce qu’elle m’a inspirée, j’avoue que je pensais lire un livre sur une expérience de mort imminente ou quelque chose qui entrerait dans la thématique du voyage à travers les limbes, parce que le titre parlait de voyage et parce que la couverture avec son horloge et ses couleurs m’inspirait cette notion de temps compté ou révolu et donc d’achèvement de la vie.

Est-ce que c’est ce qu’elle vous inspire aussi ?
N’hésitez pas à répondre dans les commentaires !

J’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?

Après une lecture éclair et une seconde lecture parce que la première m’avait bluffée, je le dis, ce livre rentre dans la catégorie « J’aime à la folie ».

MAIS je pense aussi que peu de gens partageront mon avis.
Disséquons ensemble le comment du pourquoi.

Un roman avec une dimension profondément philosophique

Bon, clairement, je pense que ça résume parfaitement la raison pour laquelle peu de gens le liront, sauf si le livre ne finit pas catégorisé ainsi et si le 4e de couverture ne le présente pas sous ce jour.

Je vais d’ailleurs lancer un appel à lecture : LISEZ-LE ! Même si vous n’aimez pas la philosophie, la psychologie, réfléchir, lisez-le quand même, ce livre est immensément humain et il reste très accessible en termes de vocabulaire.

L’appel étant passé, revenons à notre voyage.
La notion de voyage ici se rapproche relativement bien de celui effectué par Candide, de Voltaire.
Il ne s’agit pas tant de voir le monde que de se voir soi ou de penser le prisme qui nous fait voir le monde, c’est profond et dans cet exercice périlleux, c’est très bien écrit, ce qui ajoute une sacrée valeur à l’ouvrage.

Et si vous vous dites, ça va, si c’est que ça, le livre est quand même grand public… il est temps qu’on passe au découpage de l’oeuvre.

Le Voyage de Kirikoustra : une transcendance de l’ordinaire et du quotidien

Non content d’avoir relevé un premier défi de taille avec le fond, l’auteur prend le risque d’un deuxième challenge avec la forme.

Prenez une bouffée d’air, plongez dans le récit et en revenant à la surface pour respirer de nouveau, perdez-vous dans une scène du quotidien.

Car en plusieurs points du livre, un entracte a lieu, qui vous dépayse, qui vous extrait violemment de la douceur de la réflexion d’un être sur un être et sur la vie pour vous projeter dans le quotidien qui est le nôtre, avec ses bruits et ses fracas, avec ses torts.

Coupe franche dans le récit, style bien arrêté pareil à nul autre, critique sociale plutôt soutenue et efficace – du factuel, rien que du factuel ! – voilà le visage du Voyage de Kirikoustra.

On aime ou on aime pas, le pari restait, une fois encore, très osé et est pourtant relevé haut la main, c’est tout bonnement brillant et pareil à aucune autre lecture que j’ai pu avoir jusqu’alors !

« Donc finalement si on aime la philosophie et qu’on n’a pas peur d’une organisation peu conventionnelle, on aimera ? » me demanderez-vous.

Honnêtement, il reste un dernier facteur qui rentre en jeu : côté figures de style, vous en êtes où ?

Un livre audacieux dans les traces d’Etienne de La Boétie

Si vous entrez dans le public apte à lire « Le Voyage de Kirikoustra » avec un plaisir réel, vous devez avoir déjà lu des ouvrages de La Boétie.

Parmi ses divers écrits, vous connaissez sans doute le « Discours de la servitude volontaire » et « L’éloge de la Folie ».

Vous voulez savoir ce qu’est « Le Voyage de Kirikoustra » ?
C’est le digne enfant de ces deux grandes œuvres !

Dès les premières pages, avant même le début de son récit, l’auteur vous interpelle pour vous inviter à le faire taire, à ne pas tourner ces pages qui vous feront alors entrer dans un univers dont cet appel assoit immédiatement le style marginal.

Au cœur même du récit, chaque page appelle à plusieurs lectures, à plusieurs niveaux de lecture, du simple dialogue qu’on peut prendre pour cela, un dialogue, à celui où l’on intègre les différentes couches de réflexion qui en découlent.

Il y a de la métaphore, de la personnification, de la profondeur, une certaine dose de noirceur propre au vivant qui s’approche et côtoie la mort.

« Le Voyage de Kirikoustra » ne vous conduit pas dans un lieu paradisiaque, il ne vous conduit pas non plus en enfer, il vous conduit dans les profondeurs de l’Humanité avec des questions qu’auraient pu être posées par Descartes et Sartre, lorsqu’ils évoquaient respectivement l’ego et l’existentialisme.

Le livre se lit sincèrement bien quand on n’a pas froid aux yeux mais c’est la condition sine qua non.
L’auteur n’a pas eu froid aux yeux en l’écrivant, en osant affirmer son style, en ne laissant rien ni personne, pas même lui-même, altérer la forme, le fond, ou l’approche qu’on peut en avoir, quitte à cultiver un certain mystère au sujet de son oeuvre et de lui-même.

Je ne pense pas que ce livre soit grand public, j’affirme même qu’il ne l’est pas.
La population apte à le lire pour ce qu’il est vraiment avoisine sans doute les 2%, 15% si on considère les gens qui le liront en superficie sans bénéficier de tous les aspects de l’ouvrage mais qui l’apprécieront quand même.

Pourtant c’est une oeuvre qui pourrait être considérée comme une oeuvre phare de notre époque et qui pourrait encore être étudiée et disséquée par nombre de littéraires dans les siècles à venir.

Bonus : quid du niveau tribal de ce livre ?

C’est la toute première chronique pour laquelle je traite de cette question bonus et je ne le ferai pas systématiquement mais je pense que la question est intéressante ici.

En tant que lectrice, je pense que le message que transmet cet ouvrage est profond et que si on l’accepte, il peut changer complètement notre façon de percevoir ce monde qui nous entoure.
Et comme l’auteur, comme nombre de philosophes avant lui même s’il ne s’en revendique pas, n’a pas d’autre intérêt que pousser les gens à grandir de sa lecture, ce récit se place directement en phase 5.

Je ne pense pas que, de nos jours, nous puissions lire un ouvrage qui peut changer, littéralement altérer, l’Humanité par les questions qu’il soulève, je crois fermement qu’il devrait être lu et étudié, malgré un style qui effectivement ne plaira pas à tout le monde et malgré des discours qui feront grincer des dents.
Certains seront tentés de refermer le livre après quelques pages seulement, parce que l’histoire demande d’accepter de se laisser aller à une introspection profonde, à ceux-là j’adresserai une prière : sortez de votre zone de confort, à la fin vous comprendrez pourquoi vous serez devenu un être bien meilleur.

Remerciements et autres infos utiles

Je remercie profondément Kirikoustra et son agent, avec qui j’ai pu échanger par FaceBook, pour cette opportunité.
Je l’apprécie d’autant plus que j’ai aimé avoir quelqu’un qui me dise d’y aller franchement, parce que l’objectivité de la critique comptait plus que la flatterie pourtant encore trop souvent recherchée par nombre d’auteurs.

Ce livre ne fera sans doute pas les meilleures ventes, il ne finira sans doute pas dans le top 10 des boutiques en ligne mais pourtant, il a de quoi marquer le monde à jamais, je souhaite à l’auteur qu’il soit reconnu pour cela !

Vous avez aimé cette chronique et vous avez envie d’acheter le livre ?
Vous pouvez le trouver sur Amazon, pour l’énorme fortune 4.99 € au format Broché !

ANNONCES

MultiScopeStudio
A propos MultiScopeStudio 13 Articles
Agence de communication tribale, Multi Scope Studio SAS accompagne les particuliers comme les professionnels, les associations et toutes les organisations qui veulent ré-envisager leur communication, leur formation et leur management à travers un filtre plus humain.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*