Les Chroniques des Altori. VERDICT : un premier tome qui a du superbe !

ANNONCES

Comme j’aime beaucoup lire et que j’adore partager mes points de vue sur les lectures, je me suis dit qu’il serait sympa de vous proposer une parenthèse sur le site, un coin lecture, où je publierai les chroniques qu’on me commanderait.

Mélanie Moreau m’a confié « Les Chroniques des Altori – Tome 1 : Dieux et Destins » via SimPlement.pro

Les Chroniques des Altori : la présentation officielle.

Deux destins, deux chemins tracés que tout oppose. 
Jae Ledazar, princesse déchue, se voit propulsée dans des planifications divines alors qu’elle cherche à retrouver son trône. 
Alam Frigjir, Magosfer en devenir capable d’user de la magie du métal, doit faire face à ses premiers émois et à des remous politiques dans l’ombre de son école. 
Leur avenir, qu’ils croyaient immuable, se révèlera plus chaotique que prévu : mais qui serait assez fou pour perturber le destin ?

Ma réaction à la présentation.

La présentation est bien dosée, c’est assez rare en fantasy.
Pas d’information susceptible de spoil l’histoire, une trame de destins croisés, on s’attend à une narration en alternance jusqu’à un processus de rencontre, il faut espérer que ça ne soit pas cliché et tout ira bien.

Les Chroniques des Altori : qu’en penser après la lecture ?

Waouh !

Je vais faire ce que je considère être le plus grand compliment dont je suis capable en terme de littérature fantastique : on tient une digne héritière de Pierre Bottero !

Evidemment, tout n’est pas parfait, nous allons y revenir, néanmoins ce roman a du superbe !

En avant pour l’analyse du fond et de la forme; cette dernière pour débuter.

Une forme travaillée dont les seuls accrocs sont orthographiques.

Les fans de fantasy (et de Bottero, notamment dans A comme Association) apprécieront indéniablement l’alternance narrative.

Méticuleusement pensée, la variation de point de vue et d’histoire permet d’agencer et d’orchestrer intelligemment la rencontre que nous faisons des personnes et de la manière dont leurs destins finissent effectivement par entrer en résonance.

L’écriture est fluide, l’action débute dès les premières lignes, nous plaçant dans un décor où nos sens sont autant à l’affût que ceux de notre protagoniste.

Les descriptions sont toutes utiles et malgré l’alternance de narration le lecteur ne se veut pas pour autant omniscient; Mélanie Moreau nous conduit à un rythme choisi et judicieusement mesuré là où elle le souhaite, au tempo qui lui sied, un exercice souvent travaillé mais rarement aussi bien mis en oeuvre dans le domaine de la fantasy.

Une seule ombre au tableau : le livre aurait mérité une meilleure relecture pour l’orthographe.
Ceci étant dit, le rythme pressant de lecture, la faim enthousiaste d’en savoir plus et la légèreté du vocabulaire ne laisseront pas le temps au lambda de s’en soucier; il s’agit là d’être fine bouche en tant que littéraire, rien de plus accablant que quelques fautes de frappe.

La forme est donc toute en finesse, quid alors du fond ?

Un fond qui soutient parfaitement la forme qu’on lui offre.

Il est extrêmement rare de surprendre en fantasy et il est encore plus rare d’arriver à écrire une narration alternée sans que le fond soit, un tant soit peu, prévisible.

Et pourtant, Mélanie Moreau relève ce défi haut la main avec une adresse des plus incroyables !

Tout d’abord parce que ses personnages nous offrent tous une approche très différente.
On va aimer l’un et détester l’autre, souffrir les blessures physiques et morales ou bien avoir envie d’en infliger, tout ceci, tour à tour, dans un enchaînement de pensées, de visions et de témoignages qui nous poussent à nous demander comme tous ces gens sont liés et à nous presser dans notre lecture pour le savoir.
Alors, en adepte du genre, on partira du principe que l’histoire suivra le schéma de « l’union fait la force » et que l’intrigue les conduira forcément à se rencontrer pour s’unir contre un ennemi commun et là encore, Mélanie Moreau casse les codes avec un scénario rondement mené qu’il n’est absolument pas possible d’anticiper.

Ce roman est un roman fantastique qui vous permet de vous étonner et se paie le luxe de vous surprendre avec des personnages au caractère singulier, des rebondissements à couper le souffle et l’absence totale de cliché d’aucune sorte.

Il n’est pas question ici d’une armée du bien contre un mal singulier, ce roman est au-delà de cela, il acquiert même une dimension profondément philosophique tout en restant extrêmement accessible; si vous avez lu la trilogie « L’Autre » de Pierre Bottero, on est clairement sur le même registre, que ça soit sur un plan littéraire comme sur celui de la pensée.

Transcendant.

J’aime… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?

J’aime passionnément, j’irai jusqu’à écrire que j’adore, tout bonnement.

La fantasy est un registre qui attire beaucoup de talents mais qui se veut très capricieux; pour peu que vos inspirations prennent le dessus, ce que vous croyez original est en fait inconsciemment une projection de ce que vous aimez lire; de fait il est rare de vraiment trouver des œuvres nouvelles.

Ici, Mélanie Moreau parvient à nous entraîner dans un univers qui lui appartient pleinement, au sein d’un ensemble de personnages qui ne s’embarquent pas immédiatement dans une sacro-sainte croisade au nom de l’amour ou de la préservation d’un péril imminent.
Ici, on côtoie l’humain et ses questionnements, la société et ses défauts, la bête humain et les monstres mais aussi la subjectivité de la notion de justice, l’approche de la croyance et du devoir de reconnaissance, d’éducation ou de tolérance.

La couverture, à la fois hautement travaillée et pourtant simple – quelque part – ne fait qu’ajouter encore un peu de superbe à ce roman qui est déjà une oeuvre de la plus grande qualité.

Chapeau bas !

Remerciements et autres infos utiles.

Un énorme merci à vous, Mélanie Moreau, pour m’avoir proposé de couvrir ce SP !
Je ne pensais pas pouvoir lire un jour quelqu’un avec un tel potentiel en fantasy, un domaine très gardé et pour lequel je peux être très critique – comme établi dans des chroniques passées.
Vous avez un talent vraiment précieux, cultivez-le, vous méritez une place de choix à la table des grands et un jour viendra où vous pourrez savourer la satisfaction d’avoir relevé l’un des plus grands défis de ce genre littéraire – c’est en tout cas tout le mal que je vous souhaite 😉

Si vous avez aimé cette chronique et que je vous ai convaincu (moi, la grosse chieuse naturellement acide au sujet de la fantasy) de lire ce livre, sachez que vous pouvez vous le procurer chez Amazon au format Kindle (numérique) pour l’énorme fortune de 2.99 € !!!

Pour les écrivain-e-s qui liront cette chronique : si vous êtes auto-édité-e-s, sachez que je travaille à l’élaboration d’une plateforme qui vous permettra de gagner en visibilité, en fidélisation et en volume de vente; si l’idée vous tentez, suivez notre page FaceBook et celle de l’association Club des Entrepreneurs Tribaux, des informations suivront courant Janvier (pour bien débuter l’année).

ANNONCES

Julie FERRIER
A propos Julie FERRIER 18 Articles
Informaticienne d'étude conduisant des recherches complémentaires en communication et en tribalité, Julie dispense des cours publics dans le supérieur en tant qu'enseignante vacataire ainsi que des cours privés des classes primaires aux classes préparatoires. Elle se définit comme "solutionneuse" et a pour but fondamental de contribuer à une démocratisation de l'accès à la connaissance et au partage de connaissances sans discrimination aucune.

1 Commentaire

  1. Wow, quelle claque – au bon sens du terme. Je ne peux dire à quel point cela me touche de voir combien vous avez aimé cette lecture ! Je vous remercie mille fois de vos mots, de votre critique, et je suis plus que ravie de voir ce que j’espérais être des qualités, être relevées. Merci, merci, merci pour ce fantastique article !

1 Rétrolien / Ping

  1. Le règne de l'Empereur. Tome 1 : le skyraff. VERDICT : éblouissant ! - Multi Scope Studio SAS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*